Marcel Schwob, l'Homme au masque d'or ·
L’exposition Marcel Schwob – L’Homme au Masque d’or a eu lieu du 6 mars au 3 juin 2006 à la médiathèque Jacques Demy de Nantes.
Cette exposition a été organisée par la Bibliothèque et la Ville de Nantes, en partenariat avec la Société Marcel Schwob (commissariat: Laure Cédelle-Joubert, conservatrice à la Bibliothèque municipale de Nantes ; Bernard Gauthier, conservateur à la Bibliothèque nationale de France et secrétaire de la Société Marcel Schwob).
Il faut remercier la Bibliothèque et la Ville de Nantes pour leur engagement et la qualité exceptionnelle du travail accompli.
L’exposition s’est articulée autour des aspects essentiels de la vie et de l’œuvre de Marcel Schwob : l’engagement et le journalisme (de l’anarchisme à l’affaire Dreyfus), la place éminente dans la vie littéraire, la bibliothèque, la vie imaginaire, le théâtre, le voyage, l’enfance.
Elle a bénéficié des recherches qui ont accompagné les rééditions récentes des textes de Marcel Schwob. Pour la première fois ont été présentés au public les manuscrits autographes conservés par la Bibliothèque municipale de Nantes, ainsi que de nombreuses éditions illustrées et une riche iconographie. Les pièces prêtées par différentes institutions (Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, Bibliothèque historique de la Ville de Paris…) ont complété le panorama, éclairant aussi bien le milieu familial de l’auteur (Maurice Schwob, Léon et Claude Cahun, Marguerite Moreno) que son entourage littéraire et artistique.
Parmi les pièces exposées, il faut citer le chat « dévotieux » réalisé par Emile Gallé, l’affiche de Mucha représentant Sarah Bernhardt dans le rôle d’Hamlet, le volume de la Porte des rêves illustré par Georges de Feure, une édition inconnue de Villon provenant de la Bibliothèque de Marcel Schwob, enfin le mystérieux « collier de kabbaliste » lui ayant appartenu et qui se trouvait dans l’atelier d’André Breton.
Il faut aussi mentionner la présentation de plusieurs planches du Capitaine écarlate, album-hommage sous la forme d’une vie imaginaire conçu par deux des plus grands auteurs de bandes dessinées contemporains, Emmanuel Guibert et David B., qui a reçu un accueil remarqué lors de sa publication en 2000.
Pour toute information complémentaire sur l’exposition et le catalogue : Bernard Gauthier

Collectif
Marcel Schwob, l’Homme au masque d’or
Co-édition Ville de Nantes/Gallimard (Le Promeneur)
ISBN 2-07-0777-46-4 (br.) : 39 EUR
Présentation sur le site de Gallimard
Textes rassemblés par Bernard Gauthier, avec des contributions de Patrice Allain, Bruno Fabre, Bernard Gauthier, Alexandre Gefen, François Leperlier, Agnès Lhermitte, Patrick Mauriès et Evanghelia Stead.
Quatrième de couvertureNé en 1867, mort prématurément en 1905, Marcel Schwob, figure centrale et secrète de son époque, fut un lecteur de Villon comme de Stevenson, un traducteur de Defoe et de Shakespeare, un spécialiste de l’argot et un chroniqueur acéré, l’interlocuteur aussi de tout ce que la littérature comptait de plus actuel de Gide à Jarry, dont il fut le premier éditeur, de Gourmont à Claudel, et de Wilde à Colette ou Meredith. Narrateur, historien, linguiste, critique, fabuliste, il ne se contenta pas d’un seul rôle ou emploi littéraire, les occupant tour à tour suivant l’occasion et la nécessité.
Schwob fut aussi, bien sûr, l’auteur du Livre de Monelle, du Roi au Masque d’or et des Vies imaginaires, récits hypnotiques où par « l’arrangement et l’harmonie d’une infinité de détails justes », il donne littéralement corps aux manies d’un philosophe cynique de l’Antiquité ou au baroque sanglant d’un Cyril Tourneur. Borges y reconnut l’une des sources essentielles de ses propres fictions.
Nous n’avons en propre, soutint Schwob, que nos bizarreries et il eut pour principe esthétique que « l’art est à l’opposé des idées générales, ne décrit que l’individuel, ne désire que l’unique ; il ne classe pas, il déclasse ».
Publié à l’occasion d’une grande exposition rétrospective à la Bibliothèque de la Ville de Nantes, le présent ouvrage est le premier album monographique consacré à la vie et l’œuvre de Schwob. Outre un ensemble d’essais consacrés aux différentes facettes de cet écrivain inclassable, il présente plus de 100 documents, manuscrits, illustrations et photographies.
Sommaire
– Préface, par Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes.
– Avant-propos, par Agnès Marcetteau-Paul, directrice de la Bibliothèque municipale de Nantes.
– Marcel Schwob, “de bouts et de morceaux”, par Patrick Mauriès: “Je ne sais s’il arriva à Marcel Schwob de lire les textes étranges que J. G. Hamann publia à Königsberg autour de 1760, ce passage en particulier où le “Mage du Nord” fait de son cerveau “une boutique de foire remplie de toutes sortes de nouveaux articles”...”
– La famille Schwob, le Phare de la Loire et les lumières de la République, par Patrice Allain: “L’histoire de la famille, qui se superpose, jusqu’à se confondre, avec celle d’une époque où la presse quotidienne et régionale entend jouer un rôle croissant dans le domaine des idées et des lettres, débute en juin 1876 lorsque George Schwob achète le Phare de la Loire aux frères Evariste et Victor Mangin.”
– Au coeur de la vie littéraire, Marcel Schwob vu par ses contemporains, par Bruno Fabre : “Dans ses Souvenirs, Léon Daudet évoque une soirée avec Schwob, chez son père, où sont réunis Emile Zola, Edmond de Goncourt mais aussi le poète belge Georges Rodenbach, le peintre Whistler, son beau-frère Charles Whibley, critique littéraire anglais ami de Mallarmé...”
– Marcel Schwob et Emile Gallé, par Agnès Lhermitte.
– Schwob, Rodin et Camille Claudel, par Bruno Fabre.

– Bibliothèque rêvée, histoires de livres, par Evanghélia Stead: “Un des ses portraits les plus expressifs, dessiné par l’artiste médailliste Theodore Spicer-Simson, qui croyait en l’âme des portraits, montre Schwob lisant à haute voix, et levant ses grands yeux inquisiteurs de son papier pour fixer son auditeur.”
– Livres retrouvés, par Evanghélia Stead.
– S’aliéner à soi-même, vie imaginaire, par Alexandre Gefen: “La biographie substitue ainsi à l’ambition mimétique de l’Histoire (pourfendue par la fragmentation, la diversion, le mensonge, l’ambivalence, l’allusion, pour pouvoir être remembrée par l’imaginaire) un long poème souvent obscur de noms propres.”
– Les théâtres de Marcel Schwob, par Bernard Gauthier: “Le 6 novembre 1894 a lieu au théâtre de l’Oeuvre la représentation de la pièce de John Ford, traduite et adaptée par Maeterlinck sous le titre d’Annabella. Selon l’usage, la pièce et l’auteur sont d’abord présentés au cours d’une conférence que donne Marcel Schwob…”
– Le voyage vers Samoa, par Bernard Gauthier: “Le 21 octobre 1901, près de sept ans après que les chefs indigènes eurent porté au sommet du mont Vaea la dépouille de “Tusitala”, c’est un Marcel Schwob affaibli par la maladie, diminué par les opérations, qui s’embarque à son tour vers les mers du Sud.”
– L’enfance et le royaume blanc, par Agnès Lhermitte: “Et pourtant, innocentes ou perverses, ces “petites filles” sont nimbées de la même irréalité fascinante, qui éveille chez les lecteurs un attendrissement inquiet et nostalgique pour des êtres aussi gracieux, fragiles et inadaptées que les jeunes princesses de Maeterlinck.”
– Marcel Schwob dans le miroir de Claude Cahun, par François Leperlier: “Elle s’identifie à Moll Flanders, l’héroïne du texte de Defoe traduit par l’oncle, elle s’imprègne de Monelle, et, peu de temps avant sa mort, elle aura l’impression, dit-elle, “d’être le Jabiru de Marcel Schwob”...”
– Repères biographiques. – Indications bibliographiques. – Liste des oeuvres exposées.
