L'enfance et le royaume blanc ·


« Et pourtant, innocentes ou perverses, ces “petites filles” sont nimbées de la même irréalité fascinante, qui éveille chez les lecteurs un attendrissement inquiet et nostalgique pour des êtres aussi gracieux, fragiles et inadaptées que les jeunes princesses de Maeterlinck. »
« L’enfance et le royaume blanc », par Agnès Lhermitte

« Il avait des manies enfantines. Il semblait alors, sa belle intelligence mise de côté, jouer avec les petites sœurs de Monelle. Il prenait son petit dé, son petit coton, ses petites aiguilles, et il cousait de plaisantes bavettes sous le nez des directeurs de journaux. » « Pendant qu’il se lève, je regarde les petites choses bizarres qu’il aime à voir sur sa table, sur sa cheminée. Un petit meuble haut comme le pouce, avec sa glace, une petite bougie de poupée. »
Journal de Jules Renard, 22 juillet 1894 et 18 novembre 1896

« De quels enfers ou de quels paradis s’élève-t-elle, cette étrange, pitoyable et bienfaisante Monelle, qui parle, après la mort, sur le seuil de ce livre avant que ses sœurs y viennent vivre ? »
Maurice Maeterlinck, Mercure de France, août 1894

« Nous trois, Nicolas qui ne sait point parler, Alain et Denis, nous sommes partis sur les routes pour aller vers Jérusalem. Il y a longtemps que nous marchons. Ce sont des voix blanches qui nous ont appelés dans la nuit. Elles appelaient tous les petits enfants. Elles étaient comme les voix des oiseaux morts pendant l’hiver. »
Marcel Schwob, La Croisade des enfants

Crédits photographiques: Emmanuel Guibert, adaptation de La Voluptueuse parue dans Le Lapin, 1997 ; manuscrit autographe de l’Etoile de bois, Bibliothèque municipale de Nantes ; première édition du Livre de Monelle, 1894, Bibliothèque municipale de Nantes ; programme de la Légende musicale de Gabriel Pierné, Bibliothèque municipale de Nantes

Parution du numéro d'Europe consacré à Marcel Schwob Marcel Schwob et Léon-Paul Fargue