Antonin Artaud et Marcel Schwob ·

L’œuvre d’Antonin Artaud occupe une position originale dans la première moitié du XXe siècle, au croisement de la littérature, du dessin, du théâtre, du cinéma et de la radio. Le superbe hommage qui lui est rendu, à la Bibliothèque nationale de France, rassemble l’essentiel de sa production littéraire, graphique et enregistrée : textes et cahiers conservés au Département des Manuscrits et dessins issus des collections publiques et privées depuis les débuts littéraires et théâtraux dans les années 1920 jusqu’aux ultimes témoignages de 1947 et 1948 ; autoportraits qui invitent au face à face avec les visages de l’homme ; impressionnants extraits des films de Lang, Dreyer et Abel Gance… L’itinéraire biographique d’Artaud manifeste son insurrection contre toute mise au pas thérapeutique, esthétique et métaphysique, et l’œuvre donne à voir et à entendre le prodigieux revers créateur de l’enfermement.

La figure de Marcel Schwob inspirateur se glisse dans la partie de l’exposition qui évoque la fascination d’Artaud pour le peintre Paolo Uccello ; les visiteurs peuvent écouter une lecture de la vie imaginaire d’Uccello par Marcel Schwob, et des deux textes d’Artaud qui en sont directement issus, “Paul les Oiseaux, ou la Place de l’amour” et “Ucello le Poil” (voir sur ce sujet l’article d’Agnès Lhermitte Paul les oiseaux: Paolo Uccello au miroir de Marcel Schwob et d’Antonin Artaud). L’édition originale des Vies imaginaires complète le dessin de cette filiation, évoquée précisément par Florence de Mèredieu dans sa remarquable biographie, C’était Antonin Artaud (éditions Fayard, 2006). Une exposition à ne pas manquer, à la BnF (site Tolbiac), jusqu’au 4 février 2007.

Journée d'étude: Inspirations de Marcel Schwob Une biographie de Claude Cahun, par François Leperlier