Marcel Schwob en Argentine et au Brésil ·

Au cours des deux dernières décennies, les contes de Schwob ont inspiré plusieurs auteurs de bandes dessinées qui en proposent des adaptations plus ou moins fidèles : David B., « Terreur future » ; Emmanuel Guibert, « La Voluptueuse » ; Vincent Sardon « L’homme voilé », in Lapin, n° 16, L’Association, juillet 1997 ; Tommy Redolfi, Viktor (d’après « L’Étoile de bois »), La Boîte à bulles, 2007 – ou en tirent une « vie imaginaire » synthétique : Emmanuel Guibert et David B., Le Capitaine écarlate, Aire libre, 2000.
En 2007, une jeune illustratrice argentine, MARIANA BAIZAN, a composé pour son travail de thèse « plastico-littéraire » un « livre-album », La Cruzada de los niños. Fascinée depuis son jeune âge par l’histoire de la croisade des enfants, elle amalgame au récit de Marcel Schwob des éléments tirés des poèmes de Robert Browning (« The Pied Piper of Hamelin », 1842) et de Bertold Brecht (« Kinderkreuzzug 1939 », 1941) – soit trois versions tragiques de la légende. Secondaire, son texte s’intègre graphiquement à la page dessinée qui l’enrobe. On est frappé par la diversité des angles de vue, de registre – entre fraîcheur et cruauté – et de style ; en somme, par celle du talent de Mariana Baizan, qui fait écho aux multiples variantes de cette légende énigmatique.

site en ligne ; livre-album sur La Croisade des enfants

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Les livres de Marcel Schwob ont aussi rencontré des lecteurs brésiliens. Trois d’entre eux bénéficient déjà d’une traduction : Le Livre de Monelle (O livro de Monelle, ed. Hedra), Vies imaginaires (Vidas imaginarias, ed. Cia das Letras), La Croisade des enfants (A cruzada das crianças, ed. Iluminuras). C’est ce que nous apprend CAMILO PRADO, passionné de littérature française, traducteur et éditeur indépendant – Ediçoes Nephelibata – de sensibilité anarchiste. Titulaire d’une thèse sur Villiers (Tribulat Bonhomet), ce « lecteur fou » a en outre dévoré passionnément Nerval, Gautier, Mérimée, Barbey, Maupassant, Richepin, Bloy, Huysmans, Dujardin, Lorrain, Mirbeau, Schwob, Rodenbach, Eekhoud… Après avoir traduit Rodenbach et Villiers (Claire Lenoir), il a entrepris de traduire et de publier Marcel Schwob. Cet automne paraît aux éditions Nephelibata, dans la collection « Nimbus », un recueil de vingt contes tirés de Cœur double et du Roi au masque d’or, sous le titre A cidade adormecida e outros contos fantasticos. De plus, Camilo Prado prépare une anthologie du décadentisme qui comprendra un conte de Schwob, et a pour projet de traduire et de réunir en un petit volume les trois dialogues de Spicilège : « L’art », « L’amour » et « L’anarchie ».

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