Bibliographie sur Marcel Schwob (1985-2010) ·
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Avant cette date, on se reportera à la bibliographie constituée par J. A. Green dans Marcel Schwob, Correspondance inédite, précédée de quelques textes inédits, Genève, Droz, 1985.
Pour tout ajout, précision ou modification, s’adresser à : brunofabre75@hotmail.com
Sommaire
1. BIBLIOGRAPHIES
1.1. Bibliographie générale jusqu’à 1985
1.2. Bibliographie générale depuis 1985
2. ŒUVRES DE MARCEL SCHWOB
2.1. Fictions
2.2. Livret
2.3. Études
2.4. Traductions
2.5. Préfaces
2.6. Éditions de référence
2.7. Rééditions
2.8. Textes publiés dans des anthologies
2.9. Textes inédits
3. CORRESPONDANCE DE MARCEL SCHWOB
4. VARIA
5. BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE SUR MARCEL SCHWOB
5.1. Biographies
5.2. Ouvrages collectifs
5.3. Bulletin annuel : Cahiers Marcel Schwob
5.4. Monographies
5.5. Livres consacrés en partie à Marcel Schwob
5.6. Articles
5.6.1. Études générales sur Marcel Schwob
5.6.2. Comptes rendus
5.6.3. Études sur Marcel Schwob et autres écrivains ou artistes
5.6.4. Études consacrées à des œuvres particulières de Marcel Schwob
Cœur double
Le Roi au masque d’or
Mimes
Le Livre de Monelle
La Croisade des enfants
Vies imaginaires
Spicilège
L’Étoile de bois
Mœurs des Diurnales
La Légende de Serlon de Wilton
Il Libro della mia memoria
Contes non recueillis par Schwob
Voyage à Samoa

Herostratos, illustrations de Ricardo Godoy ·






Images de Ricardo Godoy, tous droits réservés.

Empedocles, illustrations de Ricardo Godoy ·





Images de Ricardo Godoy, tous droits réservés.

Crates, illustrations de Ricardo Godoy ·



Images de Ricardo Godoy, tous droits réservés

Petronio, illustrations de Ricardo Godoy ·









Images de Ricardo Godoy, tous droits réservés

L'enfance et le royaume blanc ·

« Et pourtant, innocentes ou perverses, ces “petites filles” sont nimbées de la même irréalité fascinante, qui éveille chez les lecteurs un attendrissement inquiet et nostalgique pour des êtres aussi gracieux, fragiles et inadaptées que les jeunes princesses de Maeterlinck. »
« L’enfance et le royaume blanc », par Agnès Lhermitte

« Il avait des manies enfantines. Il semblait alors, sa belle intelligence mise de côté, jouer avec les petites sœurs de Monelle. Il prenait son petit dé, son petit coton, ses petites aiguilles, et il cousait de plaisantes bavettes sous le nez des directeurs de journaux. » « Pendant qu’il se lève, je regarde les petites choses bizarres qu’il aime à voir sur sa table, sur sa cheminée. Un petit meuble haut comme le pouce, avec sa glace, une petite bougie de poupée. »
Journal de Jules Renard, 22 juillet 1894 et 18 novembre 1896
« De quels enfers ou de quels paradis s’élève-t-elle, cette étrange, pitoyable et bienfaisante Monelle, qui parle, après la mort, sur le seuil de ce livre avant que ses sœurs y viennent vivre ? »
Maurice Maeterlinck, Mercure de France, août 1894

« Nous trois, Nicolas qui ne sait point parler, Alain et Denis, nous sommes partis sur les routes pour aller vers Jérusalem. Il y a longtemps que nous marchons. Ce sont des voix blanches qui nous ont appelés dans la nuit. Elles appelaient tous les petits enfants. Elles étaient comme les voix des oiseaux morts pendant l’hiver. »
Marcel Schwob, La Croisade des enfants


Le voyage à Samoa ·

« Le 21 octobre 1901, près de sept ans après que les chefs indigènes eurent porté au sommet du mont Vaea la dépouille de “Tusitala”, c’est un Marcel Schwob affaibli par la maladie, diminué par les opérations, qui s’embarque à son tour vers les mers du Sud. »
« Le voyage vers Samoa », par Bernard Gauthier

« Je me souviens clairement de l’espèce d’émoi d’imagination où me jeta le premier livre de Stevenson que je lus. C’était Treasure Island. Je l’avais emporté pour un long voyage dans le Midi. Ma lecture commença sous la lumière tremblotante d’une lampe de chemin de fer. Les vitres du wagon se teignaient du rouge de l’aurore méridionale quand je m’éveillai du rêve de mon livre ». « Maintenant le créateur de tant de visions repose dans l’île fortunée des mers australe […]. Toutes les belles fantasmagories qu’il avait encore en puissance sommeillent dans un étroit tombeau polynésien, non loin d’une frange étincelante d’écume… »
Marcel Schwob, « Robert Louis Stevenson », Spicilège

« La nation qui a proclamé les droits de l’Homme traite une belle race intelligente comme on ne traite pas le bétail à l’abattoir. On les fustige ; on les livre à d’autres noirs féroces qui les fourrent en prison pour leur faire dégorger les quelques sous qu’ils ont pu gagner ; on les bafoue comme on ne bafouait pas les esclaves en Amérique. Et c’est la France qui donne cet exemple ! Quelle horreur ! »
Marcel Schwob, Lettre à Marguerite Moreno, Djibouti, 30 octobre 1901
« Mon nom Samoan est Maselo : il m’a été donné par les deux chefs d’Apia, Seumanu et Amituanae. Quand je bois le kava ou ’ava, qui est une cérémonie, mon nom est proclamé d’abord avant les battements de mains sacramentels. J’ai une affreuse maisonnette depuis hier — elle ne désemplit pas de Samoans. Je suis un talkman, un tulafale, un tusitala, et il leur faut des histoires jusqu’à minuit et une heure du matin. Il me semble difficile que tu puisses me voir, assis sur une natte parmi tous ces hommes nus et tatoués … »
Lettre à Marguerite Moreno, îles Samoa, 3 janvier 1902

Les théâtres ·

« Le 6 novembre 1894 a lieu au théâtre de l’Oeuvre la représentation de la pièce de John Ford, traduite et adaptée par Maeterlinck sous le titre d’Annabella. Selon l’usage, la pièce et l’auteur sont d’abord présentés au cours d’une conférence que donne Marcel Schwob… »
« Les théâtres de Marcel Schwob », par Bernard Gauthier

« Je garde un souvenir inoubliable des veillées prolongées fort avant dans la nuit, où il nous fit connaître quelques pièces des dramaturges contemporains de Shakespeare et jusqu’alors presque ignorées en France […]. Il nous fit connaître ainsi telle pièce à la fois raffinée et barbare des dramaturges élisabéthains, Beaumont et Fletcher, Massinger, Webster, Ford, pleine de meurtres, de violences, d’amour, de délicatesse, d’incestes, d’or et de sang. »
Maurice Pottecher, Le Monde français, 1947

« Deux autres poètes ont créé, après Shakespeare, de semblables héros. John Ford a imaginé Giovanni, Cyril Tourneur nous a montré Vindice, le héros de la vengeance, et Danville, le héros de l’athéisme, trois titans qui luttent contre le monde et les mœurs, qui sont condamnés à périr mais qui affirment leur individu en dépit de l’univers. »
Marcel Schwob, « Annabella et Giovanni »

« C’est lui qui a dirigé toute ma vie intellectuelle et si je sais quelque chose aujourd’hui, je le dois à l’auteur du Livre de Monelle. »
Marguerite Moreno, Minotaure, 1933

Vie imaginaire ·

« La biographie substitue ainsi à l’ambition mimétique de l’Histoire (pourfendue par la fragmentation, la diversion, le mensonge, l’ambivalence, l’allusion, pour pouvoir être remembrée par l’imaginaire) un long poème souvent obscur de noms propres. »
« S’aliéner à soi-même, vie imaginaire », par Alexandre Gefen

« L’art est à l’opposé des idées générales, ne décrit que l’individuel, ne désire que l’unique. Il ne classe pas ; il déclasse […]. Regardez une feuille d’arbre, avec ses nervures capricieuses, ses teintes variées par l’ombre et le soleil, le gonflement qu’y a soulevé la chute d’une goutte de pluie, la piqûre qu’y a laissée un insecte, la trace argentée du petit escargot, la première dorure mortelle qu’y marque l’automne ; cherchez une feuille exactement semblable dans toutes les grandes forêts de la terre : je vous mets au défi. »
Marcel Schwob, « l’art de la biographie », préface aux Vies imaginaires

« Uccello ne se souciait point de la réalité des choses, mais de leur multiplicité et de l’infini des lignes ; de sorte qu’il fit des champs bleus, et des cités rouges, et des cavaliers vêtus d’armures noires sur des chevaux d’ébène dont la bouche est enflammée, et des lances dirigées comme des rayons de lumière vers tous les points du ciel. »
Marcel Schwob, « Paolo Uccello, peintre », Vies imaginaires
« Les protagonistes sont réels ; les faits peuvent être fabuleux, et il n’est pas rare qu’ils soient fantastiques. La saveur particulière de ce volume réside dans ce va-et-vient. »
Jorge Luis Borges, prologue aux Vidas imaginarias


Bibliothèque rêvée ·

« Un des ses portraits les plus expressifs, dessiné par l’artiste médailliste Theodore Spicer-Simson, qui croyait en l’âme des portraits, montre Schwob lisant à haute voix, et levant ses grands yeux inquisiteurs de son papier pour fixer son auditeur. »
« Bibliothèque rêvée, histoires de livres », par Evanghélia Stead

« Le souvenir de la première fois où on a lu un livre aimé se mêle étrangement au souvenir du lieu et au souvenir de l’heure et de la lumière. Aujourd’hui comme alors, la page m’apparaît à travers une brume verdâtre de décembre, ou éclatante sous le soleil de juin, et, près d’elle, de chères figures d’objets et de meubles qui ne sont plus. Comme, après avoir longtemps regardé une fenêtre, on revoit, en fermant les yeux, son spectre transparent à croisières noires, ainsi la feuille traversée de ses lignes s’éclaire, dans la mémoire, de son ancienne clarté. » « Le souvenir d’un livre », Il libro della mia memoria

« Il me souvient avec émotion de nos longues conversations au crépuscule, où cet esprit étrangement intelligent et passionnément perspicace m’instruisait de ses recherches, de ses pressentiments, de ses trouvailles, sur la piste de cette proie que lui était la vérité sur le cas Villon. Il y portait l’imagination inductive d’un Edgar Poe et la sagacité minutieuse d’un philologue rompu à l’analyse des textes, en même temps que ce goût singulier des êtres exceptionnels, des vies irréductibles à la vie ordinaire, qui lui a fait découvrir bien des livres et créer bien des valeurs littéraires. » Valéry, « Villon et Verlaine », Variété

« Il y a longtemps déjà (longtemps pour moi) que je me suis décidé pour les œuvres obscures, parce qu’on peut y voir tant de choses […]. Il n’est pas besoin de tout comprendre. Les perceptions confuses sont aussi belles que les claires. Et rien n’est plus extraordinaire qu’un Villon, dont nous ne comprenons plus une ligne, parce qu’il est bourré d’allusions et de satires personnelles, mais où les fautes de lecture même sont admirables — qu’une Ronde de nuit dont Rembrandt lui-même n’eût pas su dire ce que c’était. »
Lettre à Octave Mirbeau, 23 janvier 1893

