Vie imaginaire ·


« La biographie substitue ainsi à l’ambition mimétique de l’Histoire (pourfendue par la fragmentation, la diversion, le mensonge, l’ambivalence, l’allusion, pour pouvoir être remembrée par l’imaginaire) un long poème souvent obscur de noms propres. »
« S’aliéner à soi-même, vie imaginaire », par Alexandre Gefen

« L’art est à l’opposé des idées générales, ne décrit que l’individuel, ne désire que l’unique. Il ne classe pas ; il déclasse […]. Regardez une feuille d’arbre, avec ses nervures capricieuses, ses teintes variées par l’ombre et le soleil, le gonflement qu’y a soulevé la chute d’une goutte de pluie, la piqûre qu’y a laissée un insecte, la trace argentée du petit escargot, la première dorure mortelle qu’y marque l’automne ; cherchez une feuille exactement semblable dans toutes les grandes forêts de la terre : je vous mets au défi. »
Marcel Schwob, « l’art de la biographie », préface aux Vies imaginaires

« Uccello ne se souciait point de la réalité des choses, mais de leur multiplicité et de l’infini des lignes ; de sorte qu’il fit des champs bleus, et des cités rouges, et des cavaliers vêtus d’armures noires sur des chevaux d’ébène dont la bouche est enflammée, et des lances dirigées comme des rayons de lumière vers tous les points du ciel. »
Marcel Schwob, « Paolo Uccello, peintre », Vies imaginaires

« Les protagonistes sont réels ; les faits peuvent être fabuleux, et il n’est pas rare qu’ils soient fantastiques. La saveur particulière de ce volume réside dans ce va-et-vient. »
Jorge Luis Borges, prologue aux Vidas imaginarias

Crédits photographiques: Le Capitaine écarlate, par Emmanuel Guibert et David B., éditions Dupuis ; manuscrit autographe de la préface au Roi au masque d’or, Bibliothèque municipale de Nantes ; Portrait de Paolo Uccello dans Le Vite de piu eccellenti Pittori… da M. Giorgio Vasari, Bibliothèque municipale de Nantes ; L’homme voilé, illustration par Fernand Siméon, coll. part.

Bibliothèque rêvée Les théâtres