L’imaginaire schwobien vu d’Espagne ·

Professeur de philologie latine à l’Universitad Complutense de Madrid et collaborateur habituel de revues de littérature comparée et d’études borgésiennes, FRANCISCO GARCIA JURADO étudie depuis plusieurs années comment l’histoire de la littérature gréco-latine a été revivifiée par les esthétiques de la modernité. Le dernier exemple de ce travail est le volume qu’il consacre à Marcel Schwob, Antiguos imaginarios (Biblioteca ELR editiones n° 14, Madrid, 2008).
« Dans ce livre, Francisco Garcia Jurado étudie une facette inédite de Marcel Schwob : son rôle de créateur d’une histoire imaginaire de la littérature à partir d’intenses lectures grecques, latines et médiévales. Schwob réinvente les vies des poètes, déguise les vieux textes helléniques avec l’émotion du créateur, relit la Poétique d’Aristote sous l’angle de la terreur et de la pitié, et déniche de beaux contes dans les vieux textes érudits. Comme Ferdinand de Saussure, il défia l’histoire, et comme Edgar Allan Poe, il fut suprêmement intelligent et malheureux.
Nous invitons les lecteurs à un inoubliable voyage vivant à travers le Paris de Schwob et ses récits. L’Antiquité se redécouvre à la lumière de la Seine, et les vieilles ombres reprennent vie dans les ruelles médiévales du Marais. »
Les exergues et la préface situent l’œuvre schwobienne sous le double patronage d’Edgar Poe (l’énigme latine de « la lettre volée » comme clé de lecture …) et de Borges, vers qui converge la « contre-histoire » littéraire amorcée par Nodier et Flaubert. Plus nouvelle est la correspondance systématique avec l’imaginaire antique de Gustave Moreau, l’illustrateur de l’ouvrage.

TABLE DES MATIÈRES
•Un auteur à la marge
•L’atmosphère magique des contes latins
Vies imaginaires, monologues et livres inexistants
•Textes déguisés, imaginés, revisités
•Poétique de la terreur et de la pitié- L’art face à l’histoire
•Vers le récit fantastique de l’Antiquité
•L’infâme précurseur de Borges
•La trace de Borges-Schwob
•Défense de la littérature née de la philologie
•Etude bibliographique sur Schwob
Cette dernière section contient la liste précieuse des traductions de Schwob en castillan, ainsi que des articles critiques consacrés à cet auteur, notamment par Francisco Garcia Jurado et par la spécialiste Maria José Hernandez Guerrero.

Pour commander l’ouvrage : ELR Ediciones, edimag@elr.es

De Marcel Schwob à Claude Cahun : au tour de la nièce … ·

En août 2005, la Société Marcel Schwob organisait à Cerisy-la-Salle le colloque dont les actes sont récemment parus aux Presses universitaires de Rennes sous le titre Retours à Marcel Schwob : d’un siècle à l’autre (1905-2005). Or ce colloque, intitulé « De Marcel Schwob à Claude Cahun », comprenait une journée entièrement consacrée à l’œuvre de Claude Cahun, pseudonyme de Lucy Schwob, la nièce de Marcel Schwob. La communication de son biographe François Leperlier (publiée dans Marcel Schwob, l’homme au masque d’or, « Le Promeneur-Gallimard », 2006) a éclairé de façon convaincante la dette de l’artiste surréaliste envers son oncle écrivain.
On retrouve deux contributrices de cette journée Cahun, Tirza True Latimer et Lizzie Thynne, au sommaire d’un important collectif consacré à Claude Cahun, et dont nous avons le plaisir d’annoncer la publication.

Andrea OBERHUBER (dir.) : Claude Cahun : contexte, posture, filiation. Pour une esthétique de l’entre-deux. Montréal, Université de Montréal, Département de littérature de langue française, collection « Paragraphes », 2007, 266 pages.

L’enfant et son étoile ·

Sept ans après Le Capitaine écarlate de David B. et Emmanuel Guibert (L’aire libre, 2000), Marcel Schwob infiltre à nouveau le monde de la bande dessinée avec l’album de Tommy Redolfi VIKTOR, « d’après L’étoile de bois de Marcel Schwob ». Trois contes de Schwob, « La terreur future », « La voluptueuse » et « L’homme voilé » avaient déjà été adaptés en bandes dessinées, respectivement par David B., Emmanuel Guibert et Vincent Sardon (Revue Lapin n° 16, 1997).
Ici, Tommy Redolfi s’empare du dernier conte de Schwob, le plus long qu’il ait écrit, dans la douleur. « L’étoile de bois » a été publié dans la revue Cosmopolis le 8 octobre 1897, et repris en 1903 dans le recueil symboliste La Lampe de Psyché. Ce récit testamentaire concentre des thèmes essentiels de l’œuvre de Schwob, (l’enfant, la quête, l’alchimie, l’incendie…) sur un mode particulièrement poétique et tragique.

C’est le premier aspect qu’illustre T. Redolfi de façon inspirée. Grâce à une perspective en plongée diversement orientée, à un rythme varié, le lecteur accompagne comme en survol le parcours d’un garçon minuscule au visage immense et lisse. La trame narrative est restituée pour l’essentiel, suivant le leitmotiv de l’étoile, avec les personnages, rendus avec force, de la grand-mère, du mage et des enfants rencontrés. Si les dialogues et l’amplification du rôle de la maison tirent vers le réalisme familial, le dessin recrée l’atmosphère envoûtante du texte. Les décors sont particulièrement travaillés de façon à traduire les somptueuses descriptions des paysages sylvestre, marin et urbain, dont quelques brèves citations ponctuent les vignettes. La forêt de Redolfi est remarquable : obscure à souhait, dense, voûtée, intime ou grandiose, rigide ou secouée par la tempête. L’angoissante mélancolie du récit est rendue par un traitement sombre du « noir et gris », le blanc ne signalant que les lumières et les visages. Des gris plus délicats traduisent rêves et visions du petit Alain-Viktor, ainsi que l’histoire merveilleuse des étoiles de mer. Le dessin, des visages notamment, souligne l’inquiétante étrangeté de certains épisodes.

Cependant la troisième partie fait le choix d’un merveilleux enfantin positif annoncé par la couverture vivement colorée et par le changement du nom du héros. On pardonne volontiers ce détournement romanesque un peu sentimental en considérant la dédicace de l’album. Si, dans le récit de Schwob, Alain était le petit fantôme perdu d’un Marcel vieillissant, c’est un tout jeune Silvano plein d’avenir qui est projeté dans Viktor. Les enfants au pouvoir ?

Tommy Redolfi, VIKTOR, La Boîte à bulles (Contre-jour) 2007.

Marcel Schwob, « L’Etoile de bois », in La Croisade des enfants, Ombres « Petite bibliothèque Ombres » n° 1.

Summa cum laude ·

La Société Marcel Schwob est fière de vous annoncer que son trésorier, Bruno Fabre, a été reçu Docteur ès Lettres de l’Université de la Sorbonne (Littérature comparée) pour sa thèse intitulée “Récriture et création dans Vies imaginaires de Marcel Schwob”, sous la direction de M. le Professeur Pierre Brunel, le 7 décembre 2007. Il a obtenu la mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité.

Retours à Marcel Schwob ·

Le volume des actes du colloque de Cerisy-la-salle d’août 2005, Retours à Marcel Schwob – D’un siècle à l’autre (1905-2005), paru le 30 août 2007 et édité par Les Presses Universitaires de Rennes sous la direction de Christian Berg, Alexandre Gefen, Monique Jutrin et Agnès Lhermitte, est disponible en librairie au prix de 20 euros.
Les membres de la Société Marcel Schwob recevront gracieusement un exemplaire de l’ouvrage.

Bon de commande au format pdf


Table des matières

Présentation

1.Perspectives
Alexandre Gefen : Philosophies de Marcel Schwob
Evanghélia Stead : Marcel Schwob, l’homme aux livres

2.Formes et créations
Hélène Védrine : « Une taupe reste une taupe et l’absinthe une plante d’amertume » : la traduction d’Hamlet par Marcel Schwob et Eugène Morand
Claude Pierre Perez : Images, imagination, imaginaire
Rita Stajano : Cœur double : fantastique et effets de lecture
Sabrina Granger : Le symbolisme du lien
Julien Schuh : Marcel Schwob et Alfred Jarry : des difficultés de la synthèse
Alexia Kalantzis : Marcel Schwob, Remy de Gourmont et l’esthétique du conte
Emilie Yaouanq : Le dévoiement de la narration dans quelques contes de Marcel Schwob et de Henri de Régnier

3.Vies imaginaires
Bruno Fabre : Révéler l’obscur, inventer la vie : trois Vies imaginaires (Erostrate, Clodia, Cecco Angiolieri)
Gernot Krämer : Le trésor déterré : Marcel Schwob et le dilemme des temps tardifs
Bernard de Meyer : Vies imaginaires ou chroniques d’une mort annoncée

4.Amitiés et affinités
Christian Berg : Marcel Schwob et Willem Byvanck
Frédéric Canovas : « Écrire avec feu » : Marcel Schwob vu par Paul Léautaud
Michel Jarrety : Valéry et Schwob : une amitié interrompue
Agnès Lhermitte : De Marcel Schwob à Emile Gallé : correspondances et transpositions d’art.

5.Filiations et postérité
Christine Jerusalem : Stevenson, Schwob, Renard, Echenoz : des œuvres filiales?
Agathe Salha : Un disciple de Marcel Schwob : Yann Gaillard, collectionneur de morts illustres
Ariane Eissen : Deux épigones de Marcel Schwob dans la littérature italienne : Juan Rodolfo Wilcock et Antonio Tabucchi

« Etrange partition sonore » : Le Roi au masque d’or revisité par le jazz. ·

Le livre-disque « Musique et univers imaginaires », numéro spécial de la revue Jazzosphère (éditions JazzoSphère – No Limit), est paru.
Le livre « essaye de déchiffrer les liens qui unissent images, sons et musique ». Très soigné, il rassemble des entretiens richement illustrés d’Enki Bilal, Antoine Volodine, Christian Volckman, François Schuiten et Benoît Peeters, ainsi que des nouvelles inédites.
Quant au disque, intitulé comme le livre « L’Etrange partition sonore », il est entièrement inspiré par Marcel Schwob. Ramon Lopez a composé à partir de quelques contes du Roi au masque d’or (« Le Roi au masque d’or », « La mort d’Odjigh », « L’Incendie terrestre », « les Embaumeuses », « La Cité dormante », « la Flûte »), onze morceaux interprétés par le Misterioso trio (Ramon Lopez à la batterie, tabla et percussions, Agusti Fernanez au piano, Harri Sjöström au saxophone soprano).
« Marcel Schwob est l’un des plus grands auteurs de la fin du XIXè siècle », déclare Ramon Lopez. « Il décrit un univers tout à la fois poétique et fantastique. En lisant son recueil Le Roi au masque d’or, j’ai été subjugué par ses connotations parfois sombres et par le rythme de son écriture. Comme une évidence, il allait être le quatrième musicien de l’album.
J’ai lu et relu son ouvrage Le Roi au masque d’or. Certains passages m’ont profondément touché. Les sons et structures de nos improvisations se répondaient et s’adaptaient au sens et au rythme de ses textes. Nos imaginaires concordaient et notre musique trouvait son expression dans les histoires qu’il racontait. »
Il a déjà été question de Schwob et de Jazzosphere ici
Site de Jazzosphere

Une intelligence d'ivoire ·

Dans son “Journal littéraire” (Revue des Deux Mondes de mars 2007, p. 98), Michel Crépu commente en ces termes le portrait de Schwob qui figure en couverture du catalogue de l’exposition de Nantes, Marcel Schwob, l’homme au masque d’or : “Quant à Schwob, l’extrême beauté de son visage: douceur, profondeur, intelligence, une intelligence d’ivoire, ai-je envie de dire, pour cette raison que ce visage de Schwob m’évoque certains visages ciselés du Moyen Age gothique. Et puis aussi cette rondeur du visage, une rondeur parfaite, glabre, une belle sphère pensante.”

Ricardo Godoy, illustrateur de Schwob ·

Depuis sa découverte et sa divulgation par Jorge Luis Borges, Marcel Schwob est à l’honneur en Argentine. Le plasticien Ricardo Federico Godoy apporte la preuve de cet intérêt passionné et créatif. Il a étudié à l’Escuela de bellas Artes Carlos Morel, l’Escuela de Bellas Artes Manuel Belgrano, l’atelier de Pedro Ricci. Depuis 1987, il enchaîne les expositions en Argentine et aux Etats-Unis. Son intérêt se porte particulièrement sur l’univers intérieur des écrivains, qu’il tente de traduire graphiquement dans un style très personnel. Ainsi, il a découvert Marcel Schwob en assistant à seize ans à une conférence de Borges, et il rêve de lui consacrer une biographie illustrée. Il admire particulièrement Vies imaginaires, et il a déjà illustré abondamment « Cratès », « Pétrone » et « Paolo Uccello ».
On peut voir en ligne des illustrations de « Pétrone » , d’« Erostrate » , d’« Empédocle » et de « Cratès »

Parution de Fictions biographiques XIXe-XXIe siècles ·

L’étude des “fictions biographiques” est un champ délibérément ouvert.
La formule peut en effet d’abord s’entendre comme un oxymore, au sens de biographies imaginaires de personnages réels, dans la lignée des Vies imaginaires de Marcel Schwob (1896), sens auquel la production littéraire contemporaine donne une indéniable actualité ; mais elle n’est pas sans évoquer également le roman biographique, récit de vie d’un personnage fictif qui reprendrait, souvent dans une perspective parodique, la forme et les conventions du genre biographique.
Ces textes hybrides, au genre indécis, apparaissent comme l’espace privilégié d’un questionnement sur les liens qu’entretient la fiction avec la vérité, avec la connaissance et sur la capacité du récit de vie à se constituer en œuvre littéraire. Ce volume tente d’explorer la multiplicité des formes que prennent ces fictions biographiques depuis le XIXe siècle dans la littérature française ou étrangère, de tracer leurs frontières avec les genres voisins (biographie, autobiographie, hagiographie, histoire, mais aussi récit mythique ou essai), de cerner leurs objets privilégiés (hommes illustres ou inconnus, artistes ou témoins) tout en s’interrogeant sur la chronologie de ce genre, son archéologie et ses liens avec la modernité.
Textes réunis et présentés par Anne-Marie Monluçon et Agathe Salha. Presses universitaires du Mirail, Collection “Cribles – Essais de littérature”. Toulouse, 2007.
Présentation et sommaire sur Fabula

Bibliographie des membres de la Société Marcel Schwob ·

La Société Marcel Schwob a jugé utile de faire connaître la bibliographie de ses membres, dont les publications sont récentes ou à paraître. Cette décision constitue la première étape d’un projet plus ambitieux de mise en ligne de la bibliographie complète sur Marcel Schwob.
La bibliographie en ligne

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