Traductions

Schwob, Meyrink, Maupassant, Poe
Dentro la maschera (2018)

Dentro la maschera [Marcel Schwob, « Il Re dalla Maschera d’Oro », trad. di Annarita Tranfici ; Gustav Meyrink, « L’Uomo sulla Bottiglia », trad. di Anna Marziliano ; Guy de Maupassant, « La Maschera », trad. di Lorena Lombardi ; Edgar Poe, « La Maschera della Morte Rossa », trad. di Valentina Avallone], dalla prefazione di Sara Elisa Riva, Milano, ABEditore, coll. « Piccoli Mondi », n° 11, 2018, 112 p.

 

Dans cette anthologie réunissant quatre histoires de masques traduites en italien, « Le Roi au masque d’or » de Marcel Schwob côtoie « L’Homme sur la bouteille » de Gustav Meyrink, « Le Masque » de Guy de Maupassant et « Le Masque de la mort rouge » d’Edgar Poe. L’ouvrage est décoré de citations d’auteurs divers et richement illustré de gravures anciennes (on reconnaît La Mort sur un cheval pâle de John Hamilton Mortimer) et d’œuvres d’artistes fin-de-siècle (Charles Allan Gilbert, Félicien Rops, notamment), représentant squelettes et Faucheuses, crânes masqués et danses macabres. La gravure placée en frontispice du « Roi au masque d’or » montrant un pape à tête de mort démasqué évoque davantage une vanité que le roi lépreux imaginé par Schwob. Une vignette aux allures de réclame (sur le rabat de 4e de couverture) présente l’auteur comme « écrivain symboliste précurseur du surréalisme » et recommande la lecture de Vies imaginaires. Son décor antiquisant et égyptien, dominé par un profil d’ibis inspiré d’un chromo, crée un nouveau masque de Marcel Schwob. [B. F.]

 

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La Cité dormante (Le Roi au masque d’or)
Die schlafende Stadt (1998)

Marcel Schwob, Die schlafende Stadt [« La Cité dormante », Le Roi au masque d’or], traduction de Wolfram Benda, 2 gravures de Michael Knobel, Bayreuth, The Bear Press, 1998, 6 p., 20,5 x 30 cm, 120 exemplaires.

 

Fondateur en 1979 des éditions The Bear Press, Wolfram Benda propose des œuvres de la littérature mondiale dans des éditions de luxe au tirage très limité, en utilisant des techniques artisanales traditionnelles. Une attention particulière est portée à la confection du livre, à son format, à sa couverture, à son impression, au choix de l’illustrateur, à la police de caractères et au papier précieux, adaptés à la singularité du texte.

En 1998, le conte de Schwob « La Cité dormante » (Le Roi au masque d’or) a été traduit et publié séparément par cette maison d’édition, dans une série de cahiers plus courts, tout aussi élégants. Tiré à cent vingt exemplaires, l’ouvrage de format 20,5 x 30 cm, à la couverture souple marron et au texte en caractères Blado italique, comporte deux gravures originales en deux couleurs (noir et brun). Chaque exemplaire est signé au crayon par l’artiste, Michael Knobel, sur la dernière page. À une ville endormie et fantomatique, l’illustrateur substitue les ruines d’une cité apparemment détruite, tout en transposant l’univers fantastique de ce conte : le mystère de visages figés et de gestes au sens ambigu et multiple fait résonner l’étrange et le divers schwobien inhérents à ce conte. [B. F.]

 

L’éditeur a également publié une sélection de sept vies imaginaires de Marcel Schwob (« Empedokles », « Septima », « Clodia », « Petronius », « Gabriel Spenser », « Kapitän Kid » « Die Herren Burke und Hare ») sous le titre : Lebensbilder, traduction et postface d’Ulrich Schödlbauer, 7 gravures à la pointe sèche de Hans Fronius, Bayreuth, The Bear Press, 1984, 100 p., 16,5 x 25 cm. 75 exemplaires.

 

 

Rééditions de deux contes
de The King in The Golden Mask (2019)

Marcel Schwob, « The Death of Odjigh » « The Terrestrial Fire », The Big Book of Classic Fantasy, Edited by Ann et Jeff Vandermeer, Knopf Doubleday Publishing Group, 2019, 818 p.

En 2019, deux contes du Roi au masque d’or traduits par Kit Schluter (voir Spicilège n° 10, 2017, p. 158), « La Mort d’Odjigh » et « L’Incendie terrestre », ont été republiés dans une anthologie de récits fantastiques, The Big Book of Classic Fantasy. [B. F.]

Traduction de La Croisade des enfants
aux États-Unis (2018)

Marcel Schwob, The Children’s Crusade, Foreword by Jorge Luis Borges, Translated by Kit Schluter, Cambridge (Massachussets, USA), Wakefield Press, 2018, 50 p.

 

Après la traduction du Livre de Monelle en 2012 (voir Spicilège n° 5, 2012, p. 201) et du Roi au masque d’or en 2017 (voir Spicilège n° 10, 2017, p. 158), Kit Schluter a poursuivi son travail de passeur de l’œuvre de Schwob aux États-Unis avec une nouvelle traduction de La Croisade des enfants, publiée en 2018, toujours chez Wakefield Press. Cette maison d’édition fondée en 2009 par Marc Lowenthal et Judy Feldmann s’attache à traduire des auteurs ou des textes méconnus ou d’avant-garde. [B. F.]

 

Publication de Manapouri
Traduction du Voyage à Samoa en allemand (2017)

Marcel Schwob, Manapouri, Reise nach Samoa 1901-1902, édition, traduction et postface de Gernot Krämer, Berlin, Elfenbein Verlag, 2017, 217 p.

Durant son voyage maritime vers les îles Samoa sur les traces de Stevenson, du 21 octobre 1901 au 18 mars 1902, Marcel Schwob écrivit à son épouse Marguerite Moreno de nombreuses lettres réunies de manière posthume par Pierre Champion dans le dernier tome des Œuvres complètes de Marcel Schwob (vol. 10 : Derniers écrits, Paris, Bernouard, 1930), sous le titre Voyage à Samoa. Les éditions Ombres en proposèrent deux rééditions : Le voyage à Samoa (1990), puis Vers Samoa (coll. « Petite bibliothèque Ombres », 2002). Cette dernière publication, richement préfacée et annotée par Bernard Gauthier, a été établie à partir des originaux conservés à la Bibliothèque municipale de Nantes ; elle est suivie des lettres de Stevenson à Schwob.

C’est un ouvrage équivalent que voulait offrir au lectorat allemand Gernot Krämer, éminent spécialiste de Marcel Schwob : traducteur de Cœur double (Das gespaltene Herz, Berlin, Elfenbein Verlag, 2005) et auteur de Marcel Schwob, Werk und Poetik (Bielefeld, Aisthesis Verlag, 2005) et de la postface de La Croisade des enfants (Der Kinderkreuzzug, Berlin, Elfenbein Verlag, 2012). L’ouvrage de très belle facture comporte, outre la traduction en allemand des lettres à Marguerite Moreno (dont une lettre retrouvée, inédite), celle de « Robert-Louis Stevenson » (article de Schwob publié à Londres en février 1895 dans The New Review et repris, augmenté, dans Spicilège en 1896), et celle des lettres de Stevenson à Marcel Schwob. La postface de Gernot Krämer renseigne sur les protagonistes (Schwob, Marguerite Moreno, Stevenson) ainsi que sur les conditions et les enjeux du voyage. Il a réuni une iconographie instructive et pleine de charme : des photos d’époque représentent les lieux visités et les bateaux du périple, auxquels sont également consacrés, dans l’abondante annotation, des développements particuliers. Ce beau livre, qui évoque un territoire par ailleurs lié à l’Allemagne de l’époque, devrait contribuer à la notoriété de Schwob outre-Rhin. [A. L.]

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Publication d’extraits du Voyage à Samoa
dans Sinn und Form (juillet-août 2017)

Marcel Schwob, « Manapouri, Eine Seereise nach Samoa 1901/02 » [sept lettres de Marcel Schwob à Marguerite Moreno extraites de Voyage à Samoa], traduction et introduction de Gernot Krämer, Sinn und Form, Beiträge zur Literatur, Herausgegeben von der Akademie der Künst de Berlin, 69. Jahr, 4. Heft, Juli / August 2017, p. 480-495.

Auteur notamment de Marcel Schwob, Werk und Poetik (2005) et traducteur de Cœur double (Das gespaltene Herz, Berlin, Elfenbein Verlag, 2005), Gernot Krämer propose aux lecteurs de Sinn und Form, la revue de littérature de l’Académie des Arts de Berlin, un choix de quelques lettres parmi celles que l’écrivain a adressées à son épouse Marguerite Moreno au cours de son voyage maritime dans le Pacifique d’octobre 1901 à mars 1902. Il s’agit du début du périple de l’auteur (23, 24, 29, 30 octobre et 1er, 2 et 3 novembre), avant son arrivée à Colombo. Les lecteurs de Marcel Schwob attendent avec impatience la suite de cette traduction du Voyage à Samoa, la première en langue allemande, que Gernot Krämer doit faire paraître prochainement. [B.F.]

Cliquer ici pour lire l’introduction de Gernot Krämer

et quelques extraits des lettres de Schwob.

Sinn und Form

Fairy Tales for the Disillusioned
Publication d’une anthologie de contes de fées

Fairy Tales for the Disillusioned, Enchanted Stories from the French Decadent Tradition (Oddly Modern Fairy Tales), Edited and Translated by Gretchen Schultz & Lewis Seifert, Princetown University Press, Princetown and Oxford, 2016.

L’Université de Princetown (New Jersey) vient de faire paraître un nouveau recueil de contes dans la série des Oddly Modern Fairy Tales, dirigée par Jack Zipes. Cette anthologie composée de trente-six contes de dix-neuf auteurs met à l’honneur les fées de la « tradition française décadente », de Baudelaire à Apollinaire, en exhumant des textes oubliés et des auteurs méconnus. Aux côtés de Catulle Mendès, Jean Lorrain, Henri de Régnier, Rachilde et Renée Vivien, Marcel Schwob est bien représenté, alors que les quatre contes choisis ne comportent pas de fées à proprement parler. Il s’agit de « La petite femme de Barbe-Bleue », « La Diablesse verte », « Cice » et « Mandosiane », tous tirés du Livre de Monelle et portant le titre original de leur prépublication dans L’Écho de Paris. C’est la première fois que Marcel Schwob et sa nièce Claude Cahun se côtoient dans une anthologie de contes et, à travers leur réécriture de « Cendrillon », on mesure à quel point Schwob propose un conte mélancolique et désenchanté, bien éloigné des perversions de la tradition décadente avec lesquelles renoue parodiquement sa nièce. [B. F.]

Cliquer ici pour accéder à des extraits du livre.

Fairy Tales

Publication des Contes complets
en Espagne (2015)

Marcel Schwob, Cuentos completos, Edición y traducción de Mauro Armiño, Madrid, Páginas de espuma, coll. « Voces / Literatura », n° 220, 2015, 784 p.

Premier recueil complet des « contes » de Marcel Schwob, l’ouvrage comprend Cœur double, Le Roi au masque d’or, Le Livre de Monelle, Vies imaginaires, La Croisade des enfants, L’Étoile de bois, mais aussi Mimes et treize contes non recueillis par l’auteur dont « Maua », traduit pour la première fois en espagnol. L’ensemble est assorti d’une préface due au seul traducteur Mauro Armiño qui avait déjà publié Vidas imaginarias suivi de La Cruzada de los niños chez Valdemar, en 1996. [B. F.]

Texte de 4e de couverture :

Toda la obra de ficción de Marcel Schwob se publicó en apenas cinco años – desde la aparición de Corazón doble (1891) a La cruzada de los niños (1896), si dejamos a un lado « La estrella de madera », escrito con gran esfuerzo durante la desconocida enfermedad que puso fin a su trabajo –. En pocas ocasiones una obra tan breve y escrita en un plazo de tiempo tan corto ha elevado a su autor al rango de escritor excepcional, original y único : Schwob inventa un género que no podía tener discípulos dada su singularidad y, con ese vaivén entre lo imaginario y lo erudito, entre lo novelesco y lo real, prepara el camino a lo que, avanzado el siglo xx, terminaría siendo el « realismo mágico ». Reconocida por autores como Mallarmé, Gide y Wilde, su obra, absolutamente personal, ejerció gran influencia entre los surrealistas, con André Breton a la cabeza, y sobre un amplio número de grandes autores : Faulkner, Tabucchi, Perec… ; en lengua española, la semejanza estructural de la Historia universal de la infamia de Jorge Luis Borges y las Vidas imaginarias de Schwob sirve de muestra fehaciente de lo que el escritor argentino aseguraba: la existencia de pequeñas sociedades secretas de admiradores del autor de El libro de Monelle, entre los que no podía dejar de figurar Roberto Bolaño.

En este volumen se recogen, editados y traducidos por Mauro Armiño todos los libros de cuentos publicados por Schwob en vida – Corazón doble, El rey de la máscara de oro, Mimos, El libro de Monelle, Vidas imaginarias y La cruzada de los niños –, además de un conjunto de relatos que quedó disperso o inédito, en su mayoría prácticamente desconocidos. Una oportunidad para descubrir, por fin y por completo, una joya oculta de la literatura, un autor que no admite comparaciones ni tampoco imitadores. Un autor de sociedad secreta, fascinante y exquisito, Marcel Schwob.

 

 

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