Tous les articles par Bruno Fabre

Spicilège – Cahiers Marcel Schwob
2008-2018

2018 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 11

[dossier sur le Voyage à Samoa, résonances sur Le Livre de Monelle]

 

2017 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 10

[dossier sur les premiers contes de Schwob,

sur Gabriel de Lautrec et les frères Veber]

 

2016 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 9

[dossier sur les contes fantastiques de Schwob

et La Porte des rêves, livre illustré par Georges de Feure]

 

2015 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 8
[dossier sur Jane Shore, pièce inédite d’E. Morand et M. Schwob]

 

2014 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 7
[dossier sur « La Légende des gueux » (Coeur double)]

 

2013 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 6
[dossier sur « Les Sœurs de Monelle »]

 

2012 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 5
[dossier sur Le Livre de Monelle]

 

2011 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 4
[dossier sur La Croisade des enfants -II-]

 

2010 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 3
[dossier sur La Croisade des enfants -I-]

 

2009 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 2
[dossier sur Vies imaginaires]

 

2008 : Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 1
[dossier sur Villon et l’Amérique latine]

 

Spicilège – Cahiers Marcel Schwob n° 11 (2018)

La Société Marcel Schwob a le plaisir d’annoncer la publication

de la 11e livraison de SPICILÈGE – CAHIERS MARCEL SCHWOB 

(2018, 200 pages)

avec un Dossier consacré à Voyage à Samoa.

 

Direction : Bruno Fabre

Rédaction : Bruno Fabre – Agnès Lhermitte

 

Tarif : 15 euros

Les commandes sont à adresser à la Société Marcel Schwob :

societe.marcel.schwob@gmail.com

 

Éditorial

Bruno Fabre

 

Textes retrouvés signés par Marcel Schwob

 

Huit textes de Marcel Schwob retrouvés dans des périodiques

Bruno Fabre

 

Une correction à faire dans le Médecin volant

Marcel Schwob

 

La Rôtisserie de la reine Pédauque par M. Anatole France

Marcel Schwob

 

Boîte aux lettres [lettre à Fernand Xau, directeur du Journal]

Marcel Schwob

 

Réponse à Edmond le Roy

à propos d’un article d’August Strindberg

Marcel Schwob

 

Roseaux pensants [sur Robert de Montesquiou]

Marcel Schwob

 

The Works of Shakespeare

[sur Hamlet édité par Edward Dowden]

Marcel Schwob

 

Correspondance, 22 avril 1904

[Lettre à Adrien Hébrard, directeur du Temps]

Marcel Schwob

 

Correspondance, 18 février 1905

[Lettre à Adrien Hébrard, directeur du Temps]

Marcel Schwob

 

Références bibliographiques

 

Dossier : Marcel Schwob vers Samoa

 

Samoa et ses doubles

Évanghélia Stead

 

Manapouri. Voyage à Samoa 1901-1902 : postface

Gernot Krämer

 

Le voyage à Samoa : regards sur l’autre, ailleurs

Agnès Lhermitte

 

Souvenirs [de Jean de Pange] sur Marcel Schwob

Comtesse de Pange

 

Marcel Schwob et le Ceylon Observer

Agnès Lhermitte

 

Ceylon as Seen thro’ French Glasses

[Ceylan vu à travers des lunettes françaises]

The Ceylon Observer (18 novembre 1901)

 

Jack London à Samoa : l’aventure réalisée

Agnès Lhermitte

 

Préface d’Eduardo Jordà à une édition du Voyage à Samoa

Bruno Fabre

 

Samoa como espectro

Eduardo Jordà

 

« Ville de La Ciotat »,

un poème de Luis Vicente de Aguinaga

Bruno Fabre

 

Ville de la Ciotat

Luis Vicente de Aguinaga

 

Écho du Voyage à Samoa dans 2666 de Roberto Bolaño

Bruno Fabre

 

Correspondance (autour du voyage à Samoa)

 

Une lettre retrouvée du Voyage à Samoa

Marcel Schwob

 

Quelques lettres de Marcel et Maurice Schwob

au sujet du voyage à Samoa

Agnès Lhermitte

 

Trois lettres inédites de Lionel Dècle à Marcel Schwob

Agnès Lhermitte

 

Deux lettres inédites de Georges Bourge à Marcel Schwob

Agnès Lhermitte

 

Correspondance diverse

Bruno Fabre

 

Une lettre inédite de Marcel Schwob à Arthur Roguenant

 

Une lettre inédite d’Eugène Monfort à Maurice Schwob

au sujet de Vingt-cinq ans de littérature française

 

Résonances (sur Le Livre de Monelle)

 

« La Rêveuse », un dessin d’Artür Harfaux

Bruno Fabre

 

Michel Butor et Marcel Schwob en Utah :

du royaume blanc de Monelle au Génie du lieu enneigé

Bruno Fabre

 

Varia

 

Six nouvelles dédicaces imprimées

en hommage à Marcel Schwob

Bruno Fabre, Éric Walbecq et Jonathan Wenger

 

Bibliographie des articles et dédicaces

entre Marcel Schwob et Anatole France

Bruno Fabre

 

Glanures

Bruno Fabre, Agnès Lhermitte et Mikaël Lugan

 

Hommage à Michel Suffran

Agnès Lhermitte

 

 

Décès de l’écrivain Michel Suffran (1931-2018)

Michel Suffran

 

Membre actif et généreux de la Société Marcel Schwob, notre ami Michel Suffran s’est éteint à Bordeaux le 5 juillet 2018.

Médecin de profession, il se présentait plutôt comme « l’ivre de livres » (titre de l’article donné en 2010 à Spicilège, Cahiers Marcel Schwob n° 3). Bibliophile, lecteur, écrivain, dessinateur, il publia d’innombrables ouvrages : romans et nouvelles, essais, pièces pour le théâtre, la radio et la télévision…

Les livres élus, rencontres de cœur comme leurs auteurs, lui étaient des amis pour la vie. Pour faire connaître ceux en qui il se reconnaissait (Jammes, Schwob, Mauriac, Colette, Bosco, Buzzati, mais aussi la « génération perdue » des jeunes fauchés dans les tranchées de 14-18), il bataillait sans relâche, d’une plume fougueuse.

Il eut le génie, pour « réhydrater les lettres mortes », d’écrire pour ses livres favoris des adaptations radiophoniques servies par les plus grands acteurs et de remarquables compositeurs. Deux de ses plus belles recréations sont des hommages sensibles à Marcel Schwob : La Croisade des enfants (1959), sur une musique de Serge Nigg (texte reproduit et commenté dans Spicilège n° 3) et Monelle de la nuit (1962) sur une musique d’Henri Sauguet (extraits publiés et commentés dans Spicilège n° 5).

Comme il l’écrivait dans « L’ivre de livres », ils étaient venus à sa rencontre, les petits livres de Marcel Schwob. Michel Suffran avait aussitôt succombé à leur charme « incantatoire », aspiré aussi sans doute par les résonances intimes qu’ils éveillaient en lui : l’imagination nourrie d’histoires comme L’Île au trésor, le monde perdu de l’enfance avec son innocente cruauté et son lien obscur à la mort, l’appel des voix d’antan, la quête obstinée de l’impossible, le rêve qui vient se fracasser sur les réalités…

L’homme nous manquera. Sa voix continue à murmurer, à travers ses écrits. Il n’est que de le lire et relire pour réveiller l’écrivain Suffran, et avec lui tous ceux que ce merveilleux passeur nous a fait fréquenter, en amis.  [A.L.]

Jules Renard, écrivain de l’intime (2017)
par Stéphane Gougelmann

Stéphane Gougelmann, Jules Renard, écrivain de l’intime, Paris, Classiques Garnier, coll. « Études romantiques et dix-neuviémistes », 2017, 685 p. 

 

La dialectique de l’intime, notion brillamment exposée en introduction, sert de fil conducteur à l’étude consacrée par Stéphane Gougelmann à l’écrivain Jules Renard : « L’œuvre se nourrit de l’intime qui, lui-même, trouve forme et sens dans la littérature. » L’auteur revisite ainsi, par une exploration minutieuse et sensible des textes, des livres majeurs comme L’Écornifleur et Poil de Carotte, mais aussi les innombrables récits et, dans une moindre mesure – celle que leur accordait Renard – les comédies. Sans oublier la pièce majeure que constitue le Journal, envisagé en regard des œuvres publiées et en tant qu’œuvre intrinsèque, face cachée (mais distincte) d’une même recherche : scruter et (re)créer sa vie.

 

Stéphane Gougelmann entreprend de dégager la singularité d’une voix (d’une voie) inventant une écriture de l’intime, source et perspective d’une œuvre qui se démarque, en cherchant « son originalité chez soi », des entreprises proprement autobiographiques. Il montre comment le réalisme est d’emblée intériorisé : « l’œil clair » sera toujours celui d’un sujet particulier. Il explore ensuite, dans la quête de soi et de son insaisissable vérité, l’imbrication de l’intime à l’autre, du trauma affectif familial à la quête de la bonne relation altruiste, en passant par l’aliénation des compromissions sociales. Il analyse enfin les modalités renardiennes de l’écriture de l’intime. La pratique systématique de l’humour, mise en évidence par Michel Autrand, est abordée ici au service de l’expression de l’intime, comme principe éthique d’un moraliste moderne soucieux de se « régulariser », et comme principe esthétique d’une écriture pudiquement distanciée de soi et du monde par une décantation qui conjure le risque du pathos jusqu’à friser le silence – le style Jules Renard.

 

Cette étude devrait intéresser les schwobiens. En effet, elle propose une analyse finement documentée de la relation entre les deux hommes, montrant comment et pourquoi, dans le contexte de la confrérie des gens de lettres de l’époque, la « passade » de Renard évolue de la proximité d’un compagnonnage amical à la brouille haineuse. En outre, elle fournit de la matière pour une comparaison approfondie des démarches littéraires de ces deux (presque) exacts contemporains : en germant sur les mêmes prémisses (dont le rejet des romans de la mimesis, naturalistes ou psychologiques, en tout cas diserts et totalisants), leurs œuvres (autant que leurs vies) se développeront, de façon originale et discrètement moderne, sur les modes (schématiquement) opposés du vécu intérieur et de l’imaginaire extérieur. (A.L.)

 

 

Réédition de « L’Homme voilé »
dans la revue Gandahar (février 2018)

Marcel Schwob, « L’Homme voilé » [Coeur double], Gandahar, la revue de tous les imaginaires – « Cauchemars »,  n° 11, février 2018. 

 

Cette nouvelle publication de « L’Homme voilé » s’ajoute à la longue liste des rééditions de ce conte dans les revues sur le fantastique recensées par Bruno Fabre (« Bibliographie des rééditions des contes fantastiques de Marcel Schwob dans des anthologies ou des périodiques », Spicilège – Cahiers Marcel Schwob, n° 10, Paris, Société Marcel Schwob, 2017, p. 63-68) :

 

Rééditions de « L’Homme voilé » :

 

Fiction [éd. française de The Magazine of Fantasy and Science Fiction], n° 22, Paris, éd. OPTA, septembre 1955, p. 110-113 (suivi d’un « Hommage à Marcel Schwob » par Jean-Jacques Bridenne, p. 113-116). [« Une grande reprise à l’occasion de l’anniversaire de la mort d’un écrivain fantastique trop oublié de nos jours : un de ses contes les plus singuliers et les plus inquiétants. », texte de la 3e de couverture du n° 21, août 1955].

 

Fiction Collection, n° 7 [recueil non daté des numéros 20, 21 et 22, de Fiction], Paris, éd. OPTA, p. 2110-2113.

 

Les Chefs-d’œuvre de l’épouvante, textes réunis par Jacques Bergier, Alex Grall & Jacques Sternberg, éd. Planète, coll. « Les Chefs-d’œuvre », 1965, p. 77-79.

 

Les Chefs-d’œuvre du crime, 40 nouvelles choisies et présentées par Jacques Bergier et Jacques Sternberg, Verviers (Belgique), éd. Gérard & C°, coll. « Bibliothèque Marabout – Géant », 1966, p. 281-285 (notice p. 281).

 

La France fantastique 1900, choix de textes par Michel Desbruères, Paris, Phébus, 1978, p. 437-442 (notice p. 435-436).

 

Histoires de trains fantastiques, anthologie établie et présentée par Danny de Laet, Paris, Librairie des Champs-Élysées, 1980, p. 201-207 (notice p. 22).

 

La grande anthologie du fantastique, établie par Jacques Goimard et Roland Stragliati, 3 vol., Paris, Omnibus, 1997, vol. 3, p. 777-782 (notice p. 1326-1328). [« L’Homme voilé » est classé dans la section « Histoires d’occultisme »].

 

Suite fantastique. Onze nouvelles de Charles Nodier à Roland Topor, Une anthologie présentée par Guy Astic, Paris, éd. du Seuil, coll. « Points virgule », 2002, p. 83-91 (notice p. 84).

 

Nouvelles fantastiques 2. Je suis d’ailleurs et autres récits, Présentation, notes, chronologie et dossier par Stéphane Gougelmann, Paris, GF Flammarion, coll. « Étonnants classiques », 2006, p. 50-56 (notice p. 47-49).

 

Récits fantastiques du XIXe siècle français. Anthologie / Textes intégraux. Notes, présentation et appareil pédagogique préparés par Régis Larrivée, Mont-Royal (Québec), Groupe Modulo, coll. « Bibliothèque La Lignée », 2007.

 

Trains de cauchemar, Anthologie d’épouvante et d’insolite ferroviaires, choix des textes, introduction et notices de Philippe Gontier, Dijon & Aiglepierre, coéd. Les Aventuriers de l’Art Perdu & La Clef d’Argent, coll. « Terreurs anciennes », 2012, p. 205-209 (suivi de « Notes sur « Le Train 081 » et « L’Homme voilé » », p. 210-212).

 

Nouvelles fantastiques du XIXe siècle, Pause nouvelle Classique, L’anthologiste, éditeur de nouvelles, livre numérique, 2012, p. 84.

 

– Gandahar, la revue de tous les imaginaires – « Cauchemars »,  n° 11, février 2018.

 

Cliquer ici pour accéder au site de Gandahar 

 

Schwob chez Alfred Jarry
Une bande dessinée de Daniel Casanave (2017)

Daniel Casanave [dessin] et Rodolphe [scénario],

Merdre. Jarry, le père d’Ubu, Casterman, écritures, 2017, 232 p.

 

Après Ubu roi en 2001 et plusieurs adaptations en bande dessinée d’œuvres et de vies d’écrivains (Flaubert, Verlaine, Nerval), Daniel Casanave, assisté cette fois du scénariste Rodolphe, a publié en 2017 une biographie d’Alfred Jarry, en cinq actes et plus de deux cents planches en noir et blanc, présentées par trois palotins facétieux. L’ensemble est drôle et bien documenté (une erreur toutefois : Marguerite Moreno n’a jamais été l’épouse de Blaise Cendrars). Le dessin libre et fantaisiste mêle habilement les biographèmes factuels, les légendes attachées à l’écrivain et des extraits de ses textes. En fin de volume figure un répertoire d’une vingtaine d’artistes croisés dans le livre, intitulé « Le petit monde d’Alfred Jarry » : on y trouve Apollinaire, Fargue, Gourmont, Mallarmé, Wilde… et Schwob. Le dédicataire d’Ubu roi apparaît dans l’album à plusieurs reprises, notamment à l’occasion de la première rencontre de Jarry et de Rachilde dans les locaux du Mercure de France, des lectures d’Ubu roi et de la représentation de la pièce au Théâtre de l’Œuvre. Schwob est présenté comme un ami proche de Jarry, au même titre que Rachilde et Alfred Vallette. La seule anecdote saillante, faute de documents sur la relation des deux hommes de lettres, est tirée de Souvenirs de ma vie de Marguerite Moreno : sur une double planche, Schwob et son épouse rendent visite à Jarry en son demi-appartement de la rue Cassette dans lequel il se déplaçait à bicyclette. Le profil de Schwob (avec un nez en trompette !) est bien peu ressemblant à l’écrivain mais qu’importe : avec cette biographie de Jarry en images, c’est tout le petit monde artistique de l’époque qui défile, en des planches qui donnent corps à des auteurs encore trop méconnus aujourd’hui. [B. F.]