Lettre inédite de Marcel Schwob à Gabriel Mourey
collection particulière
La Société Marcel Schwob remercie le collectionneur,
membre de la Société Marcel Schwob,
d’avoir autorisé la publication de cette lettre sur ce site.
Bruno Fabre, « Marcel Schwob et Paul Claudel : une amitié singulière », Bulletin de la Société Paul Claudel, « Premières correspondances », n° 232, Paris, Classiques Garnier, 2020, p. 9-43.
Bruno Fabre présente, annote et publie, avec une grande richesse documentaire, deux lettres de Marcel Schwob à Paul Claudel et dix-neuf lettres et cartes de Paul Claudel à Marcel Schwob et à son épouse Marguerite Moreno. Cette correspondance – du moins ce qui en est retrouvé – est ici donnée pour la première fois dans son intégralité (Pierre Champion n’avait publié que des extraits).
Dès les débuts de leur connaissance en 1883-1885 au lycée Louis-le-Grand, jusqu’à la mort de Schwob, ce qui deviendra une amitié personnelle et intellectuelle se fortifiera au gré des rencontres, assez rares cependant, mais fructueuses quant à la résonance mutuelle des œuvres. Le prêt par André Gide de son exemplaire de Tête d’Or (fin 1891) conduit Schwob à écrire à Claudel à la fois sa « très haute admiration pour ce drame » et sa répulsion (le drame ne correspond pas à l’univers personnel de Schwob) mais néanmoins son adhésion à l’œuvre « en raison de ses réminiscences eschyléennes, de son écriture palimpseste, de son style coloré et violent, caractéristique du drame élisabéthain et de la tragédie grecque qu’il affectionnait ». Schwob fait lire aussi cette pièce, puis La Ville, à Octave Mirbeau, collaborateur comme lui à L’Écho de Paris où il défend les œuvres contemporaines qui lui plaisent. Il conseille vivement la lecture de ces deux pièces à son ami le philologue hollandais Willem G. C. Byvanck, qui écrira quelques-uns des meilleurs articles sur le jeune Claudel – trait qui marque la générosité partagée de ces écrivains. Cette correspondance rappelle également l’amitié entre Schwob et Camille Claudel dont les sculptures puissantes l’enthousiasment.
Il est regrettable que seules deux lettres de Schwob à Claudel soient connues, car la lecture en miroir des lettres de Claudel à Schwob et à Marguerite Moreno laisse entendre combien les lettres de Schwob manifestaient son bonheur à lire et à découvrir l’œuvre de Claudel, œuvre dont il admire la nouveauté et la force stylistique au service de la puissance du propos, bien que Schwob n’ait jamais écrit d’article de critique sur l’œuvre de Claudel. En revanche, Claudel, « malgré des lettres élogieuses, a davantage exprimé son affection pour un être généreux qu’un véritable attrait pour des livres qui ne le rendaient pas pleinement enthousiaste », ce qui définit sa « place singulière dans le réseau de leurs amitiés ». [Jean-Louis Meunier]
Marcel Schwob, The Assassins and other Stories, translated and with an introduction by Sue Boswell, Snuggly Books, 2020, 142 p.
La maison d’édition anglaise Snuggly Books (Livres douillets) qui semble faire mystère de son siège – aucune indication trouvable ni dans le présent livre ni sur internet – met l’accent apparemment sur la littérature fin de siècle voire décadente ou fantastique. Nombre de livres de Jean Lorrain, Catulle Mendès, Éric Stenbock, Arthur Machen, Joris-Karl Huysmans, Léon Bloy, Renée Vivien et d’autres en témoignent. C’est dans ce contexte que s’insère la traduction de dix-neuf contes non-recueillis de Schwob par Sue Boswell qui a travaillé, entre autres, comme traductrice pour la Wiener Library for the Study of the Holocaust and Genocide à Londres. Dans son introduction, elle présente d’abord Schwob en esquissant brièvement le lacis de ses relations littéraires et sa position particulière en tant que poète érudit dans l’évolution du genre de la nouvelle, puis donne un bref aperçu des textes qui suivent en soulignant la polyvalence de l’auteur par rapport aux sujets et à la technique narrative. Les récits sont classés par ordre chronologique, de « Poupa », fragment d’un roman de jeunesse inachevé, jusqu’à « Towards Utopia » (Dialogues d’Utopie), tous les deux inédits du vivant de Schwob. Les autres, couvrant la période de 1889 à 1895, avaient tous paru dans des journaux, le plus souvent dans L’Écho de Paris. Il s’agit d’un enrichissement important de la liste des traductions de Schwob en d’autres langues, de même que l’édition de Cœur double que Snuggly Books vient de publier sous le titre :
Double Heart, translated by Brian Stableford, Snuggly Books, 2020, 290 p.
[Gernot Krämer]
Lhermitte, Agnès, « Marcel Schwob : au commencement était l’imaginaire », Revue Méditations Littéraires [en ligne], dir. Khalil Baba, « À la recherche des Commencements », n° 1, décembre 2020, p. 62-71.
Cliquer ici pour lire l’article.
Agnès Lhermitte et Bruno Fabre, « La Porte des rêves (1899) et l’art nouveau », dans Hélène Campaignolle-Catel, Sophie Lesiewicz et Gaëlle Théval [sous la direction de], Livre / Typographie – Une histoire en pratique(s), Paris, Éditions des Cendres, Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet, 2020, p. 67-76.
Cet article, illustré par un choix parlant de reproductions, s’insère dans un recueil collectif de travaux présentés au cours du séminaire Livre / Poésie : une histoire en pratique(s), tenu entre 2011 et 2016 à Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle en partenariat avec la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet, et consacré à la création essentiellement française dans le livre et à la typographie, de la fin du XIXe siècle jusqu’à une période récente.
Agnès Lhermitte et Bruno Fabre, tous deux connaisseurs scrupuleux de l’œuvre de Marcel Schwob, ont analysé avec rigueur et empathie La Porte des rêves, livre illustré par Georges de Feure et considéré comme l’un des plus beaux ouvrages de l’Art Nouveau. L’exercice a consisté à synthétiser la communication présentée au cours du séminaire pour répondre aux normes de publication en volume. Le texte intégral de leur étude a été publié dans Spicilège – Cahier Marcel Schwob n° 9 (2016, p. 99 à 129).
Les auteurs apportent des précisions factuelles indispensables sur le livre tel qu’il se présente, un choix anthologique de quinze des premiers contes de Marcel Schwob. L’argumentation développée consiste à montrer comment cette Porte fait pénétrer le lecteur et le regardeur dans le temps idéal des rêves tels que Schwob et de Feure les ont emblématisés dans l’espace du livre, symbiose de leur réalisation. Cet article étudie minutieusement – le vocabulaire technique est remarquable de justesse – la grammaire artistique de Georges de Feure en adéquation avec l’atmosphère des contes de Schwob : le tripti-frontispice, les en-têtes, les encadrements, les couleurs, l’influence de l’Art Nouveau et de sa ligne courbe et linéaire, de ses motifs végétaux, entrent en étroite résonance avec les textes. Dès la couverture, le lecteur pénètre dans le rêve. Les portes et leurs constituants (chambranles, panneaux) ne masquent pas les textes, elles ne séparent pas (ce serait l’immobilité), elles permettent inchoativement l’accès aux textes, donc aux rêves. Les portes deviennent ainsi La Porte, celle qui conduit au concept de rêve(s), habité(s) par des personnages aux multiples facettes, dont celles de la « femme schwobienne » au « caractère ambigu ou fatal », ou inoffensif ou salvateur, ou « maléfique », image souvent négative de la femme, dans la littérature à la fin du XIXe siècle. Les auteurs résument leur analyse en deux séquences : « […] une recherche d’harmonie alliée à une grande variété graphique. […] l’onirisme de l’ornementation, en recourant à l’irrationnel et au mystère, conformément à la veine fantastique ou étrange des contes de Schwob. »
Toutes les communications réunies dans ce recueil relèvent de la même qualité et il est nécessaire et agréable de le lire dans son intégralité pour s’abstraire des aléas du quotidien qui, bien qu’il n’y paraisse pas en apparence, irriguent ce recueil dans le Temps du Livre et l’Espace de la littérature, spécialement celui de la Poésie. [Jean-Louis Meunier]
Marcel Schwob, La Croisade des enfants [1896], édition enrichie, numérique et collective, groupe « Lectures et Médiations Numériques », Centre d’études des langues et littératures anciennes et modernes (CELLAM), Université Rennes 2, livre au format ePub3, 2017.
https://groupelmn.wordpress.com/
C’est une démarche collective, impliquant des étudiants, des artistes et des universitaires appartenant au groupe « Lectures et médiations numériques » (CELLAM) de l’université de Rennes II qui a présidé en 2017 à l’élaboration d’une édition numérique de La Croisade des enfants de Marcel Schwob.
L’objectif de cette édition utilisant des ressources documentaires variées était de proposer au lecteur « une approche sensible et immersive » de La Croisade des enfants et d’ouvrir des pistes d’analyse en apportant un éclairage sur les sources historiques de l’auteur et sur son projet littéraire. Une plasticienne, un musicien, des comédiennes et des vidéastes se sont associés à des spécialistes de littérature pour composer les différents volets de cette édition, selon différentes approches du livre de Schwob et trois parcours. Parmi les nombreux articles, un copieux abécédaire de La Croisade des enfants, par Agnès Lhermitte, synthèse de ses travaux sur ce livre. L’ensemble, très riche, renouvelle la lecture de La Croisade des enfants et propose une bibliographie qui tient compte des recherches publiées dans Spicilège n° 3 (2010) et n° 4 (2011). On peut regretter cependant qu’un projet si ambitieux et d’aussi bonne qualité scientifique et artistique demeure si confidentiel. [B. F.]
Sommaire
Parcours I : Lire, parcours sensible
Circa idem tempus…
Récit du goliard
Récit du lépreux
Récit du Pape Innocent III
Récit de trois petits enfants
Récit de François Longuejoue, clerc
Récit du kalandar
Récit de la petite Allys
Récit du pape Grégoire IX
Illustrations originales par Anne Guibert-Lassalle
Lecture sonore par Brigitte Prost, Melaine Vintrin et Denis Hüe. Montage : Mélodie Centurion
Création musicale par Romain Baousson, avec la contribution de Margaux Dory pour le montage
Notes par Marie-Armelle Camussi-Ni, Catherine Daniel, Solenn Dupas, Claire Kappler, Valérie Pasdeloup, Fabienne Pomel.
Parcours II : Explorer, premiers repères
Le contexte historique de la croisade des enfants, par Catherine Daniel
Le contexte général des croisades
Focus sur 1212 : les faits selon les chroniques du 13e siècle
La croisade des enfants a-t-elle eu lieu ?
La croisade des enfants vue par des chroniqueurs du 13e siècle
(traduction des chroniques par Brigitte Hüe)
Albert de Stade, Annales de Stade
Chronique d’Aubry, moine de Trois-Fontaines
Jacques de Voragine, Chronique de la ville de Gênes
Chronique de Frère Salimbene de Adam, moine franciscain
Chronique du chanoine anonyme de Laon
La grande Chronique de Matthieu Paris
Grandes Annales de Schäftlarn
Chronique d’Ebersheim
Itinéraire de La Croisade des enfants de Marcel Schwob (carte)
Repères biographiques sur l’auteur, par Solenn Dupas
Une enfance parmi les livres
L’immersion dans le monde des lettres
L’épanouissement de l’œuvre littéraire
Les dernières années
Publications originales : repères
Une forme narrative originale, par Solenn Dupas
Conte ou roman ? la question du genre
Vers un réalisme « impressionniste »
Un récit polyphonique
Une œuvre ouverte
Une prose poétique
Abécédaire de La Croisade des enfants, par Agnès Lhermitte :
Anarchie – Blanc – Conte – Dédoré – Enfant – Fillette – Goliard – Hérésie – Ignorance/Innocence – Jésus/Jérusalem – Kalandar – Lépreux – Mer – Navire – Orient – Pitié – Questions – Route – Saint – Terreur – Universis – Voix
Parcours III : Approfondir, mise en perspective
Entretiens vidéo avec Denis Hüe et Catalina Girbea
Le Contexte esthétique et culturel de La Croisade des enfants, par Isabelle Durand
Romantisme et Moyen Âge
Le Moyen Âge fin de siècle
Représenter la croisade des enfants ?
Gustave Doré
Johann Jakob Kirchhoff
Foi et religion dans La Croisade des enfants, ou la mort de Dieu, par Anne Ducrey
L’idée de Dieu à la fin du 19e siècle
Partage des voix dans La Croisade des enfants : construction d’un regard critique
La Croisade des enfants ou comment penser Dieu en 1900
Lexique et système des couleurs dans La Croisade des enfants : une esthétique de l’ambiguïté, par Fabienne Pomel
Le récit du goliard : la mise en place du traitement des couleurs
Un système des couleurs : bichromie et modèle ternaire
Effet paradigmatique et contamination sémique : le trouble herméneutique du lecteur
Ambivalence des couleurs et ambiguïté herméneutique
L’hybride et l’indistinct : la mer ou la couleur variable de la traîtrise
De la bibliothèque au concert, par Nathalie Ronxin
Une rencontre au goût d’inachevé
Du récit polyphonique à la polyphonie récitative
Schwob réécrit Schwob
Suggérer l’incertain par soustraction ou multiplication
Le joueur de flûte en filigrane
Influence de Marcel Schwob dans la littérature latino-américaine, par Émilie Étemad
Motifs schwobiens dans les premières œuvres modernes d’Amérique latine
Alfonso Reyes, lecteur de Marcel Schwob
Jorge Luis Borges, lecteur de Marcel Schwob
La Croisade des enfants de David Christoffel (entretien et performance)
Bibliographie
Marcel Schwob, « Clodia. Matrona impúdica », précédé de « Schwob : el biógrafo de la imaginación », traduction et introduction d’Eduardo Cobos, Carcaj, flechas de sentido [revue chilienne en ligne], 25 janvier 2019. http://carcaj.cl/schwob-el-biografo-de-la-imaginacion/
Marcel Schwob, « Eróstrato. Incendiario », traduction d’Eduardo Cobos, introduction de Juan Antonio Calzadilla, avec une xylographie de Germán Araya, Concreto Azul [revue chilienne en ligne], Santiago, 26 juin 2019. http://concretoazul.cl/erostrato-incendiario-de-marcel-schwob/
Eduardo Cobos, né en 1963 à Santiago du Chili, est chercheur, éditeur, traducteur et écrivain. Historien de formation, il a publié des contes dans des anthologies et plusieurs livres : Pequeños infectos (2005), La muerte y su dominio (2009), Venezuela : tres episodios de emancipación (2013), Historia del corvo (2018), Los últimos días de John McCormick (2018). En 2019, il a traduit en espagnol deux vies imaginaires de Marcel Schwob, « Clodia » et « Erostrate », publiées dans deux revues chiliennes en ligne (Carcaj, flechas de sentido et Concreto Azul). [B. F.]
Leonardo Mouramateus, A Chuva acalanta a dor [La Pluie apaise la douleur], court-métrage d’après la vie imaginaire de « Lucrèce, poète » par Marcel Schwob, Areosa, Portugal-Brésil, 2020, 28 min.
Le réalisateur brésilien Leonardo Mouramateus (né en 1991) a écrit et réalisé un court métrage de 28 minutes sur l’existence du poète et philosophe romain Lucrèce, inspiré par le conte de Marcel Schwob recueilli dans Vies imaginaires. Selon le réalisateur, A Chuva acalanta a dor est avant tout un film sur la peur de mourir.
Le film a été présenté pour la première fois lors de la compétition nationale du court-métrage au festival IndieLisboa, à Lisbonne, les 31 août et 4 septembre 2020. Il sera présenté au Festival du Film International de Rotterdam (IFFR) dans la compétition Ammodo Tiger (catégorie court-métrage) du 27 janvier au 7 février 2021. [B. F.]
Bande annonce :
Robots et Chaos, textes réunis et présentés par Christian Poslaniec, Paris, L’école des loisirs « classiques », 2018, 216 p.
Chef-d’œuvre de politique-fiction fantastique qui sert de clôture à « La Légende des gueux », seconde partie du premier recueil publié par Marcel Schwob (Cœur double, 1891), « La Terreur future », peu réédité, est intégré à une anthologie pour la jeunesse intitulée Robots et Chaos. Douze textes se succèdent selon une chronologie approximative : quatre extraits de précurseurs du genre (de Cyrano de Bergerac à Micromégas) et du fondamental Frankenstein de Mary Shelley, puis huit récits intégraux d’auteurs français et anglo-saxons, de la Belle Époque aux années trente, traduits ou retraduits par l’auteur du recueil en ce qui concerne les derniers. Dans une introduction claire et brève, Christian Poslaniec définit les contours de la science-fiction, sans toutefois justifier précisément le beau titre de son recueil. Celui-ci ne comporte pas d’iconographie sauf la photographie, en couverture, d’un robot humanoïde. Les textes, pourvus de notes rares et succinctes (simples explications lexicales), sont accompagnés d’une brève présentation liminaire. Celle de « La Terreur future » évoque pour finir « des massacreurs obnubilés par une idéologie extrémiste, comme le furent Hitler, Franco, Staline ou Pinochet, qui avaient leurs propres exécuteurs, humains, mais mentalement robotisés ». Cette interprétation à vocation pédagogique, en proposant au passé des exemples de dictateurs du XXe siècle, est à la fois réductrice et trompeuse en ce qu’elle occulte le contexte de la rédaction (le centenaire de la Révolution française) ainsi que la dimension anticipatrice ouverte de cette terreur « future », qui en fait un véritable récit de science-fiction, et une des meilleures illustrations du thème « robots et chaos ». [A. L.]
Marcel Schwob, Vidas imaginarias, traducción de Jorge Gonzáles Batlle, ilustraciones de Elena Ferrándiz, Barcelona, Thule Ediciones, « narrativa illustrada », 2018, 160 p.
Spécialisées dans les livres illustrés pour enfants et adultes, les éditions Thule ont réédité en 2018 la traduction de Vies imaginaires par Jorge Gonzáles Batlle (parue pour la première fois en 2005 chez cet éditeur dans la collection « micro mundos »). La maquette, le format du livre (14,5 x 22 cm) et les illustrations d’Elena Ferrándiz magnifient l’ouvrage de Marcel Schwob. Chaque vie imaginaire est ornée d’un dessin en pleine page qui, la plupart du temps, présente un portrait du protagoniste. Celui de Pocahontas est un des plus intéressants : la jeune indienne, vue de dos, est la seule à ne pas montrer son visage, comme pour exprimer l’impossibilité pour le lecteur d’accéder à une connaissance autre que fictionnelle de l’existence des personnages du recueil. Le réemploi du portrait de Paolo Uccello sur la première de couverture confirme la prééminence de ce personnage central du recueil, tandis que la quatrième de couverture montre le portrait d’une femme qu’on ne retrouve pas dans le livre. Faut-il voir dans ce visage – inspiré peut-être par un des dessins préparatoires pour l’ange de La Vierge aux Rochers de Vinci – un ultime portrait imaginaire, celui de Selvaggia, la compagne d’Uccello ? [B. F.]